Alain Damasio, auteur de science-fiction, dans son roman La Zone du Dehors, nous donne sa propre définition de la clameur : «de petites pastilles de la taille d’un ongle qu’on pourrait cacher dans n’importe quel élément de mobilier
urbain et qui déclencheraient un son, une voix, un cri, une musique d’une dizaine de secondes quand on passe devant (...) chaque clameur est individuelle, artisanale, portant le message de quelqu’un, sa poésie, sa phrase clef, ses mots qu’il a envie de donner aux passants. Ce n’est pas un message qu’on martèle, ni un message révolutionnaire ; chaque message est parfaitement unique et on ne peut pas le duppliquer (...) L’ensemble des clameurs finit par constituer des phrases, des poèmes, qui font émerger quelque chose en toi, qui te réveille, des «ouvres-crâne» qui t’amènent la touche de poésie qui n’existe généralement pas dans l’espace urbain. (...) Des «mots de passe sous les mots d’ordre», pour reprendre la formule de Gilles Deleuze, qui sont là pour percer l’acharnement publicitaire quantitatif, en lézarder les murs d’inscription, offrir une autre voix qui libère et n’impose plus ; une façon de faire respirer l’espace urbain». L’atelier CLAMEURS propose de s’approprier, par la création visuelle, ce principe imaginé par Damasio ; A l’intérieur d'une oeuvre plastique ou visuelle, chaque participant est invité à délivrer sur sa vision du corps en mouvement, son propre message poétique et unique.
Ces petits slogans deviennent leurs “clameurs”, qui ont vocation à être dispersées, à proximité de la structure qui nous accueille, dans un circuit à emprunter à pied et qui invite à découvrir un environnement urbain re-personnalisé, ré-humanisé.



TALWEG propose un atelier de création visuelle tous publics, sur le thème de la marche.

Mettre en marche le corps pour lui redonner une tessiture charnelle, organique, puis de composer une oeuvre sur ce mouvement. Proposer une version digitale de ce corps réinventé et résolument poétique.
Déroulement de l'atelier :

Par le filtre de la caméra, il revisite un lieu de son quotidien et en fait son espace de jeu. Par des allers-retours constants entre le plateau et la vidéo, il investit sa propre démarche pour en faire émerger son slogan intime, anonyme et furtif.

Via une recherche visuelle de composition plastique et de manipulation d’images prédécoupées, il imagine une proposition hybride qui peut prendre la forme d’une affiche, d’un poster, d’une vidéo ou encore d’une installation.

Cette clameur est alors disposée, de manière plus ou moins visible, exactement à l’endroit où elle a été imaginée, afin de créer un parcours déambulatoire.

Dispersées aux abords du lieu où se déroule l’atelier, les clameurs investissent le territoire et s’y cachent pour qu’on les trouve.

Elles sont offertes à la curiosité des habitants dans une exposition temporaire virtuelle qui fonctionne là aussi comme un appel à la marche, une injonction au pas à pas, comme acte de résistance face à la disparition de nos capacités à se mouvoir libres. Il s’agit de proposer un nouveau regard poétique de nos déplacements quotidiens, de se réapproprier le quartier et de réenchanter le parcours de la vie de tous les jours.